21.01.2009
Johnson roule gratis... demain !
Le maire de Londres, Boris Johnson, nous a déjà prouvé qu'on pouvait être à la fois de droite et un amateur de jolis coups de com' et blagues qui font... débat. Sa nonchalance face à la petite amende (60 livres, une broutille pour lui) qu'il vient de recevoir pour ne pas avoir respecté la congestion charge, péage pour l'accès au centre de Londres, n'est pas un hasard : c'est pour lui l'occasion de parler d'une taxe écolo dont il essaie de se débarrasser depuis son élection.
Ken Livingstone, son prédécesseur , avait pris cette mesure courageuse (portrait en anglais dans Time magazine, et un wikipédia en français) . Cela n'a pas arrangé le coût de la vie à Londres, mais on y respire un peu mieux. Il espérait pouvoir étendre la zone payante à l'ouest de la ville et faire payer 25 livres au lieu de 8 aux grosses cylindrées, les 4x4 en ligne de mire. Boris Johnson s'est débarrassé successivement des deux idées, les 4x4 le 10 novembre, et l'extension le 27 novembre.
"This wretched system"
Voilà la leçon d'anglais du jour. "Wretched" signifie "maudit", "saloperie", "désespérant". Ainsi le maire qualifie-t-il le système de paiement des amendes, responsable selon lui de son omission. Johnson tient le plus souvent à se balader à vélo dans Londres, ne serait-ce que devant les caméras (pardon, le lien donne encore sur la Beeb's, mais c'est une mine). Mais il faisait un peu froid pour aller inaugurer l'arbre de Hanukkah à Trafalgar Square autrement qu'en voiture.
Résumons donc. L'extension de la congestion charge à l'ouest, non, trop grand. Les 4x4, non, trop méchant. Et puis devoir payer, au fond, hein, c'est compliqué. Il serait nettement plus simple pour tout le monde de supprimer cette taxe environnementale, n'est-ce pas, Ken ? Après tout, une lecture appuyée des statistiques de la ville faite par les conservateurs ne montre qu'embouteillages aggravés et pollution délirante. Alors, tous ces discours en faveur de "green taxes", ce ne serait pas que des phrases, tout de même ?

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09.01.2009
Un whisky avant l'échafaud
Il fut un temps où la reine d'Angleterre avait d'autres soucis que de s'adresser à la nation une fois par an en chapeau emplumé. En 1570 à Londres, Elisabeth la grande a d'autres chats à fouetter, même si le metteur en scène Stuart Seide l'a affublée d'un tailleur framboise. Mary Stuart, reine d'Ecosse et sa rivale, est naïvement venue se réfugier chez elle après avoir fait assassiner son mari. Jetée en prison, elle assaille sa demi-soeur de lettres de supplication.
La vérité historique est bien loin de la scène du théâtre du Nord. L'histoire de ces deux femmes, de leur haine et de leur difficulté à se dépêtrer du pouvoir dans un monde misogyne, a été réinventée par Schiller en 1800. Ce n'est pas non plus dans l'habitude de Stuart Seide, directeur du théâtre, que de laisser le moindre grain de poussière sur une tragédie classique.
En 2006, Stuart Seide avait démultiplié Hamlet en autant de visages que son école de théâtre compte de jeunes acteurs talentueux. En 2007, il réunissait autour d'une table digne du film Festen un public éberlué d'assister ainsi à Dommage qu'elle ne soit pas une putain, une pièce écrite dans les années 1620.
"La femme est une âme héroïque"
Une scène, trois estrades se déplacent au cours des actes avec une lourde fluidité. A droite, Mary Stuart, dont Océane Mozas rend toute la gravité monacale et soudain la colère, l'exaltation de la reine qui déclencha la Saint-Barthélémy. A gauche, Cécile Garcia Fogel est l'Elisabeth dévorée par les doutes, écrasée par le poids de la sentence de mort qu'elle doit asséner. Au milieu gravitent conseillers et courtisans. Un ambassadeur de France poudré et hirsute, mais surtout les deux hommes au double jeu. Mortimer le papiste feint d'espionner pour Elisabeth, et le compte de Leicester, amant des deux femmes, trop lâche pour aider Mary. Ajoutez à l'entourage d'Elisabeth deux conseillers abrutis de rectitude légaliste, Shrewsbury et Burleigh.
Un Allemand écrit l'histoire d'une Ecossaise et d'une Anglaise, mise en scène par un Américain dans un théâtre français. Peu importe. Ces deux femmes face à une raison d'Etat qui leur interdit toute faiblesse auraient pu être australiennes ou argentines, l'essence d'une tragédie est de finir par la mort d'au moins un des protagonistes. Stuart Seide ne s'embarrasse pas d'icônes et leur laisse un whisky sur un coin de table pour mieux réfléchir au sort de Mary et un paquet de cigarettes quand la hache du bourreau tombe. Des vers de Schiller, il écrème envolées philosophiques et explications historiques pour ne laisser que la beauté du verbe, deux fois traduit, rendu à sa vérité par la voix traînante de Cécile Garcia Fogel.
Mary Stuart, de Friedrich von Schiller, mise en scène de Stuart Seide au Théâtre du Nord du 8 au 31 janvier. Il doit rester quelques places non réservées dans les coins !
Crédits photos : le Théâtre du Nord.
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06.01.2009
Ni Dieu ni carte de bus

"Dieu n'existe probablement pas. Alors arrêtez de vous inquiétez et profitez de la vie." Cette campagne publicitaire se balade sur les bus rouges de Londres depuis le début de la journée, avant de gagner le reste de l'Angleterre et de l'Ecosse à partir de demain.
200 bus à Londres, 600 dans tout le pays, et des pubs dans le métro et sur des panneaux, appelle le badaud à reconsidérer le sens de sa vie... Ou plutôt à rejoindre le scientifique Richard Dawkins, l'actrice Ariane Sherine et la militante Hanne Stinson dans leur lutte.
Ariane Sherine avait lancé un appel aux dons en juin dernier, au nom de la liberté d'opinion et de culte. Elle commençait à saturer des appels à aimer Jésus qui apparaissent régulièrement dans les espaces publicitaires. Elle espérait trouver 6000 livres (maintenant c'est pareil en euros). La British Humanist Association déclare avoir reçu plus de 135 000 livres de promesses de dons.
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